La vue est l’un de nos sens les plus fragiles. Le moindre accident pendant un moment d’inattention peut donc avoir des conséquences graves pour les yeux. Si vous travaillez dans un environnement dangereux et/ou avec des substances ou matériaux dangereux, il est indispensable que vous portiez une protection oculaire. Comment choisir la bonne protection ?

Zoom sur la protection de vos yeux

Pour lire cet article, vous êtes très certainement confortablement installé dans votre fauteuil de bureau, mais savez-vous qu’en ce moment même, vos yeux sont en train de travailler activement ? Les muscles d’accommodation autour du cristallin, qui se trouve derrière l’iris, sont stimulés de façon à le bomber. Grâce à cette action, votre vision est parfaitement adaptée à la lecture de ce texte. Cela n’est possible que si la lumière environnante est suffisante : vous ne parviendrez pas à lire dans la pénombre. La lumière pénètre dans vos yeux en passant par la cornée (très fragile) et atteint l’intérieur de l’œil par la pupille. La taille de la pupille varie en fonction de la quantité de lumière environnante : plus la quantité de lumière est grande, plus petite est la pupille, et vice-versa. Après avoir passé la pupille, la chambre antérieure de l’œil, la pupille et le cristallin, les faisceaux de lumière groupés atteignent votre rétine, où ils sont convertis en énergie électrique. Ces signaux électriques sont ensuite transmis par le nerf optique au cerveau, de façon à ce que vous obteniez l’information suivante : « Hé, je lis un texte sur la protection des yeux ! » Tout un processus, donc, qui se fait littéralement en un clin d’œil, mais au cours duquel plusieurs problèmes peuvent survenir.

Risques pour les yeux
Dans le cadre professionnel, on peut répartir les dangers en quatre grandes catégories : les dommages mécaniques, les dommages chimiques, les dommages thermiques et les dommages causés par un rayonnement. Sans (une bonne) protection, les yeux peuvent subir diverses lésions, qui vont d’une irritation temporaire à une cécité permanente. Cela arrive plus souvent qu’on le pense : dans le monde, 600 personnes sont atteintes chaque jour des lésions oculaires dans le cadre de leurs activités (source : BLS). Dans la plupart des cas, ces lésions auraient pu être évitées en portant la protection adéquate pour les yeux et/ou le visage, notamment des lunettes de protection, un masque, un écran facial ou un casque de soudeur. L’équipement de protection individuelle (EPI) est choisi sur la base de quatre facteurs, à savoir la nature du risque, le degré de protection requis, la durée d’exposition et enfin le confort de port.

Risque de dommage mécanique
Les dommages mécaniques aux yeux sont en réalité les dommages les plus fréquents : ils peuvent en effet être provoqués par des fragments, des éclats, des projections, des particules fines et des débris. Le risque de dommage mécanique est présent dans de nombreuses activités, même si la gravité peut varier : une particule de poussière dans l’œil n’est pas un éclat métallique. Au fil du temps, les particules de poussière peuvent néanmoins entraîner une altération de la vue. Il ne faut donc pas prendre ce genre d’incident à la légère.

Protection adéquate contre les dommages mécaniques
Il existe, pour éviter les dommages mécaniques aux yeux, plusieurs types de protection des yeux et du visage. Il s’agit notamment des lunettes de protection, des masques et des écrans faciaux. Les exigences auxquelles la protection utilisée doit satisfaire sont définies par la norme NEN-EN 166. La norme EN 1731 définit la conception et les matériaux, les exigences relatives aux performances, les méthodes d’essai et les règles relatives aux dispositifs de protection des yeux et du visage.
Le matériau utilisé peut varier : plastique, CR 39 ou polycarbonate. Le CR 39 est utilisé en cas de risque de projection de particules incandescentes, notamment dans le cadre de travaux de soudure ou de meulage. Il ne doit en outre pas forcément s’agir d’un danger direct : le CR 39 et le polycarbonate sont également obligatoires en cas de dangers indirects (p. ex. la personne passe à proximité de travaux de soudure et/ou de meulage). En cas de particules projetées ayant un impact minimal (jusqu’à 12 m/sec), une protection des yeux avec un marquage « S » suffit. Les dispositifs de protection contre les particules à plus grand impact sont répartis dans différentes catégories : classe F (protection contre les particules à faible énergie, soit jusqu’à 45 m/sec), classe B (impact à moyenne énergie, jusqu’à 120 m/sec) et classe A (impact à forte énergie, jusqu’à 190 m/sec). Le symbole « T » qui suit la lettre F, B ou A indique que l’EPI satisfait aux exigences de la classification autorisant une utilisation pour les particules lancées à grande vitesse à température extrême.

Risque de dommage chimique
Si le danger chimique est moins « visible », il ne doit en aucun cas être sous-estimé. De nombreux processus industriels impliquent un risque de dommage chimique, notamment les particules fines de ciment qui peuvent provoquer de graves brûlures de la cornée. Les gaz et vapeurs, notamment l’acétone, le chlore, le sulfure d’hydrogène et le toluène comportent de nombreux risques pour la vue. Il existe également des dangers biologiques (sang, fluides corporels excrétés, virus).

Protection adéquate contre les dommages chimiques
En cas de risque de dommage chimique, une protection des yeux ou du visage seule ne suffit pas : elle doit être utilisée en combinaison avec des EPI, par exemple une protection des yeux et des voies respiratoires telle qu’un masque complet.

Risques liés aux rayonnements
Le risque d’exposition aux rayonnements est souvent sous-estimé. À tort, car les rayonnements laser, UV ou infrarouges, par exemple, peuvent endommager (de manière permanente) la vue. Le « coup d’arc », par exemple, est une forme d’inflammation de la rétine qui est causée par l’exposition à des rayons ultraviolets. En raison de l’inflammation, qui est très douloureuse, les yeux sont rouges, gonflés et larmoyants. Autre pathologie connue qui peut être causée par le rayonnement : la cataracte. Dans ce cas, le cristallin s’opacifie, provoquant une distorsion des rayons lumineux qui entrent dans l’œil, et une vision trouble.

Rayonnement optique
Le rayonnement optique ne couvre en réalité qu’une petite partie du spectre électromagnétique. Ce spectre commence avec une très grande longueur d’onde. En raccourcissant la longueur d’onde, on arrive, après les ondes de radio FM, TV, GSM et radars, dans le spectre optique, qui commence par l’infrarouge. Après, c’est la lumière que les gens peuvent observer, suivie par les rayons ultraviolets (UV). Le spectre optique se termine avec les UV-C. C’est là que commence la partie ionisante du spectre électromagnétique, qui comprend les rayons X, les rayons gamma et les rayons cosmiques.

Rayonnement laser
Les rayons laser font également partie du rayonnement optique, mais ils occupent une place particulière en raison de leurs propriétés spécifiques. Ils peuvent en effet couvrir l’entièreté du spectre optique, depuis le début des rayons UV-C jusqu’à la fin des rayons infrarouges. Ajoutez à cela le fait que les rayonnements laser sont en règle générale parallèles et se dispersent donc à peine, et vous comprendrez les effets qu’un rayonnement laser peut avoir. Malheureusement, certaines personnes mal intentionnées connaissent les capacités du laser : les forces de l’ordre, les pilotes et les conducteurs de véhicules de transport en commun sont de plus en plus souvent confrontés à une utilisation abusive de pointeurs laser. Pour eux aussi, il existe désormais sur le marché des dispositifs de protection spéciaux des yeux.
Les systèmes de protection contre les rayonnements laser sont testés et certifiés conformément à la norme EN 207:2010. La norme EN 207 ne porte que sur les rayons laser dont la longueur d’onde se situe entre 180 nanomètres et 1 millimètre. La norme EN 208:2010 n’inclut que les lasers visibles, c’est-à-dire les
lasers avec une longueur d’onde qui se situe entre 400 et 700 nanomètres. Le marquage EN 207 se compose de différentes lettres : D, I, R et M. La lettre D désigne un laser continu (« continuous wave » ou CW), la lettre I, les lasers à longues impulsions, la lettre R, les lasers à impulsions géantes, et la lettre M
les lasers de durée d’impulsion ultra-courte (femtosecondes). Derrière ces lettres se trouvent les numéros « L », qui désignent la puissance maximale sur laquelle la protection des yeux est basée.

Protection adéquate contre les dommages causés par le rayonnement
Le rayonnement optique couvre uniquement une petite partie du spectre électromagnétique, dont la longueur d’onde peut varier entre 100 nanomètres et 1 millimètre. Lors de l’acquisition de protections contre le rayonnement laser, il est donc également très important de connaître
le type d’appareil utilisé, sa puissance et les ondes lumineuses.

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